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	<title>La Francolatina</title>
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	<description>Il s'en passe des choses entre la France et l'Am&#233;rique Latine !</description>
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		<title>La Francolatina</title>
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		<title>Danielle Burel : une amiti&#233; n&#233;e pour durer</title>
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		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>

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&lt;p&gt;Avec le t&#233;moignage de Danielle Burel nous cl&#244;turons las publication des t&#233;moignages de Fran&#231;ais dont l'histoire personnelle s'est m&#234;l&#233;e &#224; celle du Chili des ann&#233;es 1970. Une p&#233;riode que Danielle nous raconte dans son r&#233;cit et dans ces quelques images ramen&#233;es voici 40 ans. &lt;br class='autobr' /&gt; Ma rencontre avec le Chili c'est une longue histoire qui a m&#234;l&#233; intimement la grande Histoire du Chili avec notre vie familiale. C'est au Chili que Bernard et moi avons commenc&#233; &#224; vivre ensemble. C'est dans ce pays (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;Mon Chili &#224; moi...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avec le t&#233;moignage de Danielle Burel nous cl&#244;turons las publication des t&#233;moignages de Fran&#231;ais dont l'histoire personnelle s'est m&#234;l&#233;e &#224; celle du Chili des ann&#233;es 1970. Une p&#233;riode que Danielle nous raconte dans son r&#233;cit et dans ces quelques images ramen&#233;es voici 40 ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ma rencontre avec le Chili c'est une longue histoire qui a m&#234;l&#233; intimement la grande Histoire du Chili avec notre vie familiale. C'est au Chili que Bernard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard Burel, dont le t&#233;moignage est &#224; &#233;couter ici&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et moi avons commenc&#233; &#224; vivre ensemble. C'est dans ce pays qu'est n&#233;e notre premi&#232;re fille Judith et que se sont initi&#233;es de longues relations d'amiti&#233; avec nos amis chiliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Bernard m'annon&#231;a, en 1972, qu'il partait pour deux ans au Chili dans le cadre de la coop&#233;ration technique et me proposait de partager cette exp&#233;rience avec lui, j'ai exult&#233; de joie. A 25 ans, avoir l'opportunit&#233; de d&#233;couvrir ensemble un nouveau continent repr&#233;sentait une aventure extraordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois nous s&#233;paraient de son d&#233;part ; juste assez de temps pour c&#233;l&#233;brer notre union le 27 mai 1972. A peine trois semaines apr&#232;s notre mariage, Bernard s'envola mi-juin pour prendre son poste d'enseignant &#224; l'ENA de Santiago du Chili. Les chiliens eux aussi vivaient une exp&#233;rience extraordinaire avec le projet de Salvador Allende d'instaurer plus de justice, plus d'&#233;galit&#233; et d'humanit&#233; dans son pays. Vivre au Chili au temps de l'Unit&#233; Populaire repr&#233;sentait pour nous la possibilit&#233; de participer &#224; la r&#233;alisation de nos id&#233;aux de 1968. Aller dans ce petit pays, sur lequel les yeux du monde entier &#233;taient tourn&#233;s - regards d'espoir pour certains pays, regards de peur pour d'autres - constituait un r&#234;ve &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2023 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L250xH314/danielle4-2-0a5b6.jpg?1752443458' width='250' height='314' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res lettres de Bernard nous rendaient compte de l'effervescence et des esp&#233;rances des classes populaires qui se sentaient, enfin, entendues, comprises, soutenues. La fin du r&#233;gime des &#171; &lt;i&gt;inquilinos&lt;/i&gt; &#187; (sorte de semi esclavage), les &#171; &lt;i&gt;tomas &lt;/i&gt; &#187; (prises de terrain par les pauvres pour pouvoir se loger pr&#232;s des grandes villes), tout cela m'attirait, je ressentais l'envie de m'associer &#224; ce mouvement d'&#233;mancipation d'un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Partir enfin...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, pas de t&#233;l&#233;phone mobile, pas d'internet ; nous ne communiquions que par lettres, sauf un appel t&#233;l&#233;phonique pour l'annonce d'une grande nouvelle, &#171; immense &#187; pour nous, l'annonce de l'arriv&#233;e prochaine d'un premier enfant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Judith Devolder, dont le t&#233;moignage est &#224; lire ici&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui verrait le jour au Chili ! Je devais rester quelques mois encore en France pour terminer et pr&#233;senter mon m&#233;moire de ma&#238;trise en septembre ; c'est ensuite que je me suis envol&#233;e vers ce Chili que Bernard peignait dans ses lettres avec tant d'enthousiasme. Je fus accueillie tr&#232;s chaleureusement par les amis de Bernard. Nous avons partag&#233; avec eux tant de bons moments, puis tant de peines lors des jours sombres de la dictature que des liens se sont tiss&#233;s tr&#232;s fortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon statut de femme enceinte ne me permettant pas de trouver un emploi facilement, c'est dans un &#171; &lt;i&gt;jard&#237;n infantil &lt;/i&gt; &#187;, dans une &#171; &lt;i&gt;poblaci&#243;n&lt;/i&gt; &#187;, que j'ai pu travailler b&#233;n&#233;volement, avant et apr&#232;s la naissance de notre fille Judith. A cause de la couleur de mes cheveux et de mon &#171; espagnol &#187; approximatif, les enfants m'appelaient &#171; &lt;i&gt;la gringa &lt;/i&gt; &#187;, terme d&#233;signant p&#233;jorativement les Nord Am&#233;ricains. Mais je sentais bien que, de leur part, ils n'avaient pas d'autres mots pour d&#233;signer une personne aux traits si diff&#233;rents. Ils me prodiguaient beaucoup d'affection et, sans s'en rendre compte, ils contribu&#232;rent &#224; am&#233;liorer mon espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2024 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L500xH332/danielle5-2-8894c.jpg?1752443458' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette premi&#232;re ann&#233;e fut une p&#233;riode intense de d&#233;couverte et d'observation du processus social et politique qui nous environnait. Je fus tr&#232;s impressionn&#233;e par le caract&#232;re &#224; la fois combatif et festif des immenses rassemblements pour soutenir Salvador Allende. C'&#233;tait r&#233;confortant de se sentir si nombreux pour d&#233;fendre &#171; notre &#187; r&#233;volution si durement attaqu&#233;e par la droite locale et l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Je fus aussi impressionn&#233;e par l'organisation des femmes dans les &#171; &lt;i&gt;Centros de Madre&lt;/i&gt; &#187; qui se battaient pour mettre en place les &#171; &lt;i&gt;canastas populares&lt;/i&gt; &#187;. Cette organisation permettait de r&#233;partir les aliments de base entre les familles des quartiers populaires en r&#233;action aux actions men&#233;es par les partis de droite qui bloquaient l'approvisionnement des denr&#233;es alimentaires. Je fus enthousiasm&#233;e par le dynamisme de nos camarades lors du ramassage des oignons pendant la journ&#233;e de &#171; &#171; trabajo voluntario &#187;. Tout cela t&#233;moignait de la forte volont&#233; du peuple chilien de soutenir le gouvernement en place et de faire r&#233;ussir le processus de transformation de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les temps de la peur et de l'arbitraire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le coup d'Etat, l'ENA fut ferm&#233;e. Bernard n'avait plus de travail, mais d&#233;cida de rester au Chili. Nous avons su alors ce qu'&#233;tait un pays sous dictature. P&#233;riode cruelle o&#249; tout un peuple &#233;tait soumis &#224; un r&#233;gime de peur et d'arbitraire. P&#233;riode p&#233;nible o&#249; il nous a fallu rechercher activement des amis dont nous n'avions plus de nouvelles depuis le 11 septembre, y compris &#224; la morgue. P&#233;riode de d&#233;brouillardise pour aider les amis en danger &#224; trouver des h&#233;bergements chaque nuit. P&#233;riode de prise de risques en les aidant &#224; se r&#233;fugier dans des ambassades. Toutes ces actions se faisaient dans l'urgence de vies &#224; sauver.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2022 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L500xH329/danielle3-2-c38e4.jpg?1752443458' width='500' height='329' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nos parents tr&#232;s inquiets par les informations alarmantes diffus&#233;es quotidiennement, m'offrirent un billet d'avion pour revenir en France avec Judith. La chose ne fut pas ais&#233;e car les Autorit&#233;s militaires refus&#232;rent, au dernier moment, de laisser sortir du pays le b&#233;b&#233;, &#226;g&#233; seulement de sept mois, bien qu'il soit enregistr&#233; sur mon passeport fran&#231;ais, au motif que cet enfant &#233;tait un ressortissant chilien (jus solis oblige). Un des nombreux &#171; bando militar &#187; exigeait, en effet, que tout chilien d&#233;sirant quitter le pays se fasse enregistrer et renouvelle sa carte d'identit&#233;. Lorsque nous nous rend&#238;mes de bon matin au Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, seul lieu de Santiago o&#249; &#233;tait d&#233;livr&#233; ce document administratif, des files tr&#232;s longues nous pr&#233;c&#233;daient. Il nous fallut revenir le jour suivant, cette fois-ci bien avant l'ouverture, avec un b&#233;b&#233; auquel nous n'avions pas donn&#233; volontairement le biberon du matin. Judith sut en cons&#233;quence donner de la voix au moment opportun. Lorsque l'on conna&#238;t, en effet, l'amour immense que portent les Chiliens &#224; toute &#171; &lt;i&gt;guagua&lt;/i&gt; &#187;, nous parv&#238;nmes ainsi &#224; convaincre un &lt;i&gt;carabinero&lt;/i&gt; de nous laisser entrer dans les bureaux surpeupl&#233;s. Apr&#232;s un mois pass&#233; en France afin de rassurer parents et amis, il me fut difficile de leur faire accepter que Judith et moi retournions aupr&#232;s de Bernard. Celui-ci m'avait fait comprendre par un courrier transitant par la valise diplomatique que tout n'&#233;tait pas simple pour lui et qu'il avait des &#171; d&#233;m&#234;l&#233;s &#187; avec les Autorit&#233;s militaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le difficile retour en France&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le retour d&#233;finitif en France en ao&#251;t 1974 fut pour moi difficile : beaucoup de peine et de sentiment d'injustice &#224; &#171; dig&#233;rer &#187;. A part la joie de retrouver nos familles et de voir s'&#233;panouir notre petite chilienne, je me sentais en d&#233;calage avec la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. Les magasins regorgeant de produits me choquaient, et &#224; l'instar des initiatives des &#171; &lt;i&gt;Centros de Madres&lt;/i&gt; &#187;, je m'engageais dans l'association UFC Que Choisir. La lutte portait non seulement sur les r&#233;seaux de distribution, mais aussi sur la demande de transparence des additifs dont beaucoup &#233;taient canc&#233;rig&#232;nes, sur les profits ind&#233;cents des industries pharmaceutiques, etc&#8230; De m&#234;me, j'ai ressenti tr&#232;s vite comme Bernard, le besoin de militer dans un parti politique et notre choix se porta sur le PS qui apparaissait comme un parti rassembleur (m&#234;me s'il fallut attendre 1977 pour voir se concr&#233;tiser l'Union de la Gauche &#224; la faveur des &#233;lections municipales).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2020 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L500xH328/danielle1-2-8b137.jpg?1752443458' width='500' height='328' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons eu la chance de retrouver les contacts de certains de nos amis sud-am&#233;ricains r&#233;fugi&#233;s en France (Cristina, Tarzan, Nelly) ; (Jaime en Su&#232;de, Pancho et Sonia au Br&#233;sil). Nous avons fait ensuite la connaissance, au travers de la CIMADE, d'autres chiliens exil&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil d'Oscar, dit &#171; el Zambo &#187;, militant du MIR, m&#233;rite d'&#234;tre racont&#233;. Il arriva du Chili un samedi matin alors que nous nous pr&#233;parions &#224; partir en Normandie pour la f&#234;te du mariage de Lilian et Jean-Jacques. Lilian &#233;tant argentine, c'est donc dans une ambiance festive tr&#232;s latino qu'Oscar put commencer &#224; &#233;vacuer ses longs mois d'emprisonnement et les horreurs de la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard, en tant qu'Adjoint au maire de Massy, Claude Germon, fut tr&#232;s sollicit&#233; pour aider les chiliens dans leur recherche de logement, de travail et d'int&#233;gration dans cette ville socialiste. Le soutien pour le Chili &#233;tait encore tr&#232;s fort en France. A l'occasion de f&#234;tes populaires, il y avait toujours des stands pour soutenir le peuple chilien dans sa lutte contre la dictature. La d&#233;gustation des &#171; &lt;i&gt;empanadas&lt;/i&gt; &#187; ravivait la nostalgie du pays. Quelle ville ou quel village de France n'a pas baptis&#233; une rue, une place ou une cr&#232;che &#224; la m&#233;moire de Salvador Allende. La France n'a pas le monopole du soutien aux r&#233;fugi&#233;s chiliens ; beaucoup d'autres pays ont agi tr&#232;s positivement. La Su&#232;de a &#233;t&#233; exemplaire dans sa rapidit&#233;, son efficacit&#233; et sa g&#233;n&#233;rosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;40 ans apr&#232;s...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pucha !&lt;/i&gt; 40 ans d&#233;j&#224; ! Ce furent en tout des ann&#233;es bien remplies : la vie avec nos trois enfants (Judith, Ez&#233;chiel et R&#233;becca), les reconversions professionnelles, les d&#233;m&#233;nagements &#224; Bures, Grenoble puis Toulouse. Malgr&#233; toute cette agitation familiale, le Chili est rest&#233; toujours pr&#233;sent dans nos t&#234;tes et dans nos c&#339;urs. Nos deux plus jeunes enfants regrettent m&#234;me de ne pas avoir eux aussi la nationalit&#233; chilienne comme leur s&#339;ur ain&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L500xH372/danielle2-2-f7bf7.jpg?1752443458' width='500' height='372' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le temps et la distance, les amiti&#233;s franco-chiliennes ont perdur&#233; et se sont renforc&#233;es : Pia-Jaime, Nina-Patricio, Luisa-Oscar, Teruca-Juan, Carmen-Ignacio, quel bonheur de vous avoir connus et d'avoir partag&#233; tant d'amicales rencontres au Chili et en France ! Quelles &#233;motions &#224; chacune de nos retrouvailles lors de mes trois retours au Chili : en 1995, lorsque Judith a effectu&#233; une ann&#233;e de stage professionnel &#224; Santiago dans le cadre de ses &#233;tudes ; en 2004, avec Bernard pour se r&#233;jouir du retour &#224; la d&#233;mocratie et en 2011 avec des retrouvailles &#233;largies &#224; nos amis colombiens, uruguayens, boliviens et br&#233;siliens. Vraiment Cristina tu nous as procur&#233; une immense joie en venant du Br&#233;sil avec ton fils Gregorio, n&#233; en France, nous retrouver &#224; Santiago. Vos paroles de gratitude &#224; tous deux sur nos actions anciennes m'ont beaucoup touch&#233;e. Toi aussi Vivian tu nous as fait la surprise de venir en France : tu voulais t&#233;moigner devant nos enfants de l'aide apport&#233;e par Bernard pour t'aider &#224; t'exiler en Su&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voil&#224;, vous me faites parler du Chili et c'est notre vie familiale qui se d&#233;roule. Nos histoires sont tellement imbriqu&#233;es. Pour r&#233;pondre &#224; la question : que reste-t-il de tout cela 40 ans apr&#232;s ? Le plus positif et le plus important, pour moi, est l'&#233;mergence et la p&#233;rennit&#233; de toutes ces amiti&#233;s nou&#233;es accidentellement au fil du temps. Le d&#233;sir de mieux conna&#238;tre nos amis chiliens a d&#233;velopp&#233; chez nous un sentiment d'admiration devant leur courage, leur fid&#233;lit&#233; et leur g&#233;n&#233;rosit&#233; de c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de ces amiti&#233;s se poursuit encore aujourd'hui puisque en 2012, nous avons fait la connaissance d'Eduardo et de Sabina, les initiateurs de la &#171; Francolatina &#187;, lors de la venue &#224; Toulouse de Gregoria. Avec eux, nous avons aid&#233; cette chilienne de 82 ans (dont la fille Michelle fut tortur&#233;e par la Junte militaire dans les locaux de la Villa Grimaldi puis port&#233;e disparue) &#224; retrouver des traces familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire continue&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bernard Burel, dont le t&#233;moignage est &#224; &lt;a href=&#034;http://www.lafrancolatina.com/spip.php?article3229&#034;&gt;&#233;couter ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Judith Devolder, dont le t&#233;moignage est &#224; &lt;a href=&#034;http://www.lafrancolatina.com/spip.php?article3251&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Martine Delaplace : rendre pr&#233;sents les disparus</title>
		<link>http://www.lafrancolatina.com/spip.php?article3249</link>
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		<dc:date>2013-09-27T14:01:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Peintre et psychanalyste Martine Delaplace a &#233;t&#233; li&#233;e de longue date au Chili. Chanteuse, elle a fait partie dans les ann&#233;es 70 de l'atelier Recabarren, dirig&#233; par Sergio Ortega, le cr&#233;ateur du &#034;Venceremos&#034; et &#034;El Pueblo Unido&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; par Martine Delaplace &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aujourd'hui, j'ai choisi de vous faire le r&#233;cit de mon travail graphique pour les disparues et les disparus par la dictature. Un autre jour peut-&#234;tre, je parlerai de l'Atelier Recabarren, dans lequel j'ai chant&#233;, avec Sergio Ortega et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;Mon Chili &#224; moi...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot179" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Peintre et psychanalyste Martine Delaplace a &#233;t&#233; li&#233;e de longue date au Chili. Chanteuse, elle a fait partie dans les ann&#233;es 70 de l'atelier Recabarren, dirig&#233; par Sergio Ortega, le cr&#233;ateur du &#034;Venceremos&#034; et &#034;El Pueblo Unido&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Martine Delaplace&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aujourd'hui, j'ai choisi de vous faire le r&#233;cit de mon travail graphique pour les disparues et les disparus par la dictature. Un autre jour peut-&#234;tre, je parlerai de l'&lt;strong&gt;Atelier Recabarren&lt;/strong&gt;, dans lequel j'ai chant&#233;, avec &lt;strong&gt;Sergio Ortega&lt;/strong&gt; et les autres et je parlerai peut-&#234;tre aussi de ma fille Eva, &lt;i&gt;francochilena&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;40 ans apr&#232;s le coup d'&#233;tat et 4 ans apr&#232;s la cr&#233;ation de l'exposition &#034;&lt;strong&gt;Disparues, disparus, dessins color&#233;s et sonores&lt;/strong&gt;&#034;, j'ai donc voulu vous parler de ce travail auquel je veux donner une nouvelle vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, en 2009, il y a eu des dessins qui tentaient de donner un peu de corps et un peu de voix aux disparues et aux disparus chiliens. Leurs noms ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s &#224; voix basse et diffus&#233;s dans les lieux de l'exposition qui, comme on peut l'appr&#233;cier dans la vid&#233;o r&#233;alis&#233;e par Peter Hudson, se trouvait alors remplis d'un chuchotement diffus. Pour distinguer clairement les noms il fallait s'approcher des dessins.&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;500&#034; height=&#034;375&#034; src=&#034;//www.youtube.com/embed/IIuHS_5RPNM&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La palissade des absents pr&#233;sents&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pablo Neruda&lt;/strong&gt; avait une maison &#224; &lt;strong&gt;Isla Negra&lt;/strong&gt;, l&#224; o&#249; il est enterr&#233;, face &#224; l'oc&#233;an Pacifique. Depuis toujours et avec une intensit&#233; toute particuli&#232;re pendant la dictature, on faisait br&#251;ler du bois sur la plage et, avec le charbon, on &#233;crivait sur la palissade le nom de ses morts ou des disparus accompagn&#233; du mot &lt;i&gt;Presente !&lt;/i&gt; (pr&#233;sent).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette nouvelle vie de Disparues, disparus, je me propose de construire &#224; l'int&#233;rieur du lieu d'exposition un espace entour&#233; d'une palissade de sapin gris, &#224; l'image de celle de la maison de Pablo Neruda. A l'int&#233;rieur de l'espace, les dessins sont accroch&#233;s &#224; la palissade, pos&#233;s sur pied et par terre tout autour. Le sol sera recouvert de sable et un brasero pos&#233; au centre de l'espace assurera la fabrication de charbon de bois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L500xH363/casaneruda-a728b.jpg?1752466857' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La palissade autour de la maison de Neruda &#224; Isla Negra
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les visiteurs pourront ainsi &#233;crire sur la palissade le nom de la personne disparue &#224; laquelle ils souhaitent rendre hommage. A l'ext&#233;rieur de la palissade, un salon d'&#233;criture permettra de s'asseoir confortablement pour &#233;crire un souvenir ou une &#233;motion &#224; partager &#224; propos de ceux qui, 40 ans apr&#232;s, restent plus que jamais &lt;i&gt;Presentes&lt;/i&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.lafrancolatina.com/IMG/docx/presentes_presents_par_martine_delaplace.docx&#034;&gt;En savoir plus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Claire Ival : l'exp&#233;rience chilienne a chang&#233; ma vie</title>
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		<dc:date>2013-09-10T23:20:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est au Chili que Claire Ival a chang&#233; son projet de devenir professeur universitaire ou fonctionnaire pour une carri&#232;re &#034;bizarre mais passionnante&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; par Claire Ival &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai f&#234;t&#233; mes 25 ans &#224; Santiago o&#249; je suis rest&#233;e de juin 1972 &#224; octobre 1973. Mon mari y faisait son service militaire dans la coop&#233;ration comme professeur &#224; l'Universit&#233; du Chili et j'y avais trouv&#233; un travail &#224; l'ENA comme formatrice en &#233;conomie et planification. Cette exp&#233;rience, avec toutes les amiti&#233;s qui en sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est au Chili que Claire Ival a chang&#233; son projet de devenir professeur universitaire ou fonctionnaire pour une carri&#232;re &#034;bizarre mais passionnante&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;par Claire Ival&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai f&#234;t&#233; mes 25 ans &#224; Santiago o&#249; je suis rest&#233;e de juin 1972 &#224; octobre 1973. Mon mari y faisait son service militaire dans la coop&#233;ration comme professeur &#224; l'Universit&#233; du Chili et j'y avais trouv&#233; un travail &#224; l'&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.probidadenchile.cl/admin/pdf/ENAfrancesa.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ENA&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; comme formatrice en &#233;conomie et planification. Cette exp&#233;rience, avec toutes les amiti&#233;s qui en sont n&#233;es, a chang&#233; ma vie : au lieu de devenir professeur d'Universit&#233;, ou fonctionnaire, j'ai entam&#233; une carri&#232;re bizarre mais passionnante, notamment en travaillant &#224; la CFDT ; selon l'expression d'Edmond Maire &#224; la r&#233;ception du document que nous avons collectivement r&#233;dig&#233; en 2012, &#034;ta comparaison entre l'&#233;lan qui te poussait avec tes compagnons d'alors et l'ambition que tu retrouvais dans la CFDT des ann&#233;es 70 me touche&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Lettre &#224; mes parents, 28 septembre 1972)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les citations en italique sont des extraits de lettres envoy&#233;es par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; &lt;i&gt;Je suis prise &#224; l'essai pour un mois dans une &#233;cole qui fait des cours pour ouvriers et employ&#233;s de l'Administration ou des entreprises d'Etat : initiation &#224; l'&#233;conomie, &#224; la gestion, propagande pour la participation et ses organismes qui commencent juste &#224; se mettre en place ; l'id&#233;e, c'est qu'une vraie participation exige un minimum de connaissances. C'est plus de la conscientisation que de l'enseignement et &#231;a risque d'&#234;tre passionnant , plus le fait que c'est vraiment utile : la mobilisation de masse, donc la prise de conscience et de connaissances des gens de la rue est ce qui manque le plus au processus chilien&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre preuve de l'ambiance &#224; l'ENA : quand les d&#233;put&#233;s de droite, qui avaient eu des informations tr&#232;s pr&#233;cises sur le r&#244;le de l'ENA, ont coup&#233; les cr&#233;dits pour 1973, j'&#233;cris : &lt;i&gt;pas de paie pour mars, ni pour avril, je compte rester en volontaire, c'est dire que le boulot m'int&#233;resse !&lt;/i&gt; (15 avril 1973).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est principalement &#224; l'ENA ou par elle que j'ai nou&#233; des amiti&#233;s toujours vivaces.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des amis trop vite perdus de vue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nos &#233;l&#232;ves &#233;taient nos amis. &lt;i&gt;J'ai travaill&#233; comme jamais, 6 &#224; 7 heures de cours en espagnol par jour ! Les &#233;l&#232;ves (ouvriers et employ&#233;s ayant des responsabilit&#233;s soit dans le syndicat, soit dans la participation, plus les ing&#233;nieurs) discutaient beaucoup. A la fin, ils m'ont fait cadeau d'artisanat mapuche. Et, miracle, de 3 kg de riz et 4 kg de sucre, plus du beurre !! Quelques-uns de ces &#233;l&#232;ves &#233;taient impressionnants, le type du militant communiste d&#233;vou&#233;, pr&#234;t &#224; tout, comme on imagine les ouvriers russes de 1917. Sans grand niveau d'&#233;tudes, mais qui se tapent pendant leurs heures de loisir des manuels de marxisme ou des histoires du mouvement ouvrier ; esp&#233;rons qu'ils ne deviennent pas des bureaucrates arriv&#233;s, ou qu'ils ne se fassent pas avoir jusqu'au trognon, comme leurs mod&#232;les ! &lt;/i&gt; (15 avril 73).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les &#233;l&#232;ves m'impressionnent. Ces &#034;humbles&#034; (excusez le mot), ouvriers ou m&#232;res de famille qui ont du mal &#224; &#233;crire, des gueules d'indiens et de culs-terreux (en chilien, roto, l'homme du peuple) et pendant la classe ils sont tout yeux et tout oreilles, et apr&#232;s, tout remerciement pour leur avoir expliqu&#233; des choses qu'on leur avait toujours cach&#233;es. &lt;/i&gt; (10 juin 73).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L200xH254/charleshorman-a054d.jpg?1752436724' width='200' height='254' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Charles Horman et Joyce, sa femme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je veux juste &#233;voquer cet &#233;l&#232;ve b&#251;cheron, sans dents &#224; 27 ans parce que trop mal nourri dans l'enfance : il avait montr&#233; autant d'enthousiasme &#224; la d&#233;couverte de la notion d'exploitation capitaliste qu'&#224; celle des Gauloises, et a sans doute &#233;t&#233; abattupendant le Coup d'Etat. Evoquer cet am&#233;ricain anti-imp&#233;rialiste, &lt;strong&gt;Charlie Horman&lt;/strong&gt;, avec qui nous avons pass&#233; de bien joyeux moments dans la campagne proche de Santiago : il avait rassembl&#233; tant de preuves de l'implication de la CIA dans la pr&#233;paration du Coup d'Etat qu'il a &#233;t&#233; fusill&#233; d&#232;s son d&#233;clenchement, et est devenu le h&#233;ros du film &lt;strong&gt;Missing&lt;/strong&gt; de &lt;strong&gt;Costa Gavras&lt;/strong&gt;. Evoquer enfin cet inconnu venu se cacher chez nous trois jours apr&#232;s le Coup car il &#233;tait recherch&#233; : un coll&#232;gue de l'ENA lui avait donn&#233;, comme mot de passe puisque je ne le connaissais pas, le nom propre que j'avais le plus de mal &#224; prononcer parce que truff&#233; de &#171; rr &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je veux rendre hommage &#224; ce formateur de l'Ena, jusqu'alors ouvrier de profession, fin analyste des rapports sociaux, le premier qui m'a enseign&#233; le syndicalisme : &#171; en n&#233;gociation avec le patron, tu n'acceptes ni une cigarette, ni un sandwich &#187;, &#171; tu sais, il y a des responsables syndicaux qui font &#231;a pour pouvoir se la couler douce &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Continue...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des amis retrouv&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous, les 40 salari&#233;s de l'ENA, nous &#233;tions jeunes, autour de 25 ans : le plus vieux, notre directeur, avait la quarantaine. La moiti&#233; des formateurs &#233;taient r&#233;fugi&#233;s politiques d'Argentine, Bolivie, Uruguay, ou Br&#233;sil. Malgr&#233; la diversit&#233; de nos choix partisans, nous &#233;tions tous convaincus de vivre une exp&#233;rience politique unique, conciliant le socialisme et la d&#233;mocratie, et de construire un avenir meilleur pour les chiliens. Nous discutions beaucoup et nous travaillions dans l'enthousiasme, y compris le soir ou le week-end que nous utilisions pour des projections de montages diapo &#233;ducatifs dans les bidonvilles. Mais nous avons aussi organis&#233; quelques vir&#233;es dans les bals popu avec Juanito qui dansait si bien la &lt;i&gt; &lt;strong&gt;Cueca&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;, ou fait des &#034;booms&#034; dans notre maison sans meuble du Barrio Alto, sans parler du match de foot de fin d'ann&#233;e Chili contre le reste du monde ! Ainsi, la camaraderie politique se transformait souvent en amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;115&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L500xH288/ena2-be2be.jpg?1752436724' width='500' height='288' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Claire Ival, dans le cercle rouge, lors d'une manifestation dans les rues de Santiago avec ses coll&#232;gues de l'ENA
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'ENA a vol&#233; en &#233;clats le jour du coup d'Etat militaire de la Droite qui a dispers&#233; ses salari&#233;s dans le monde entier &#224; tel point que c'est seulement 38 ans apr&#232;s qu'ils ont repris contact &#187; . J'en avais retrouv&#233; deux en 1975, aux USA o&#249; ils tentaient de refaire leur vie, l'un comme boursier d'une universit&#233;, l'autre comme immigr&#233; clandestin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est internet, et le site &lt;strong&gt;Probidad en en Chile&lt;/strong&gt; qui nous a permis en 2011 de retisser le r&#233;seau et m'a donn&#233; la joie de les savoir vivants, int&#233;gr&#233;s dans les divers pays o&#249; ils se trouvent et, pour la plupart, toujours militants. Et de revoir les chiliens rest&#233;s au Chili. Entre celui qui a aid&#233; &#224; la victoire &#233;lectorale du premier Maire noir de Chicago, celui qui est devenu D&#233;put&#233; au Congr&#232;s de son &#233;tat du Br&#233;sil, celle que Dilma Roussef a nomm&#233;e dans l'&#233;quipe de transition lors de l'arriv&#233;e au pouvoir de Lula car elles avaient partag&#233; la m&#234;me cellule, je suis fi&#232;re d'avoir connu ces amis et heureuse de les avoir retrouv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le directeur, que je ne fr&#233;quentais gu&#232;re quand il &#233;tait mon patron, est devenu un ami que j'estime de plus en plus au fur et &#224; mesure que je d&#233;couvre sa trajectoire : responsable des luttes des &#233;tudiants salari&#233;s dans les ann&#233;es 50, chass&#233; de l'Universit&#233; par le Coup, redevenu chauffeur-livreur, visiteur des prisonniers politiques et chercheur actif pour la Vicaria de la Solidaridad, et aujourd'hui toujours pourfendeur de la corruption et aux c&#244;t&#233;s de ceux que la soci&#233;t&#233; chilienne exploite ou humilie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Ceux qui sont entr&#233;s dans ma famille&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ils sont deux, un Uruguayen et une Bolivienne, qui se sont r&#233;fugi&#233;s en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment du Coup j'avais donn&#233; &#224; tous mes amis l'adresse de mes parents &#224; Paris, et tous ceux qui ont frapp&#233; &#224; cette porte, m&#234;me &#224; 4 heures du matin, y ont trouv&#233; un accueil chaleureux, ma m&#232;re pr&#233;parant &#224; manger et mon p&#232;re faisant un lit pour eux, en attendant qu'ils s'organisent.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ami uruguayen, r&#233;fugi&#233; au Chili avec sa femme juste avant d'&#234;tre emprisonn&#233;, &#233;tait un &#233;tudiant de mon mari et nous sortions souvent ensemble. Au moment du Coup, nous les avons aid&#233;s &#224; entrer dans une ambassade et &#224; leur arriv&#233;e &#224; Paris, nous avons partag&#233; un appartement pendant un an. Apr&#232;s leur divorce, il a &#233;pous&#233; ma s&#339;ur a&#238;n&#233;e &#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amie bolivienne a longtemps &#233;t&#233; log&#233;e dans &#034;la chambre de bonne&#034; de mes parents, et a &#233;t&#233; de fait une nouvelle fille pour eux. Aide pour ses &#233;tudes &#224; Paris, appui financier pour son fr&#232;re menac&#233;, recherche d'un HLM, ma famille a fait ce qu'elle pouvait. Nous sommes toujours rest&#233;s en contact. A chacun de ses passages en Europe, nous nous rencontrions, et elle a accueilli tous ceux de la famille qui ont pu aller en Bolivie. Apr&#232;s avoir travaill&#233; dans le nettoyage de bureaux parisiens, elle est maintenant s&#233;natrice suppl&#233;ante de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle d'Evo Morales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Chili m'a donn&#233; bien des amis : &#171; &lt;i&gt;yo tengo tantos amigos, y una amiga muy querida que se llama libertad&lt;/i&gt; &#187; , comme chantait, &#224; quelques mots pr&#232;s, Atahualpa Yupanqui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Claire Ival.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Toutes les citations en italique sont des extraits de lettres envoy&#233;es par Claire Ival depuis le Chili&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jacques Ch&#233;r&#232;que : &#034;le Chili est rest&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans mon c&#339;ur&#034;</title>
		<link>http://www.lafrancolatina.com/spip.php?article3236</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.lafrancolatina.com/spip.php?article3236</guid>
		<dc:date>2013-09-02T11:17:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Sid&#233;rurgiste, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale de la M&#233;tallurgie (FGM-CFDT), secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint de la CFDT puis ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'am&#233;nagement du territoire et &#224; la reconversion industrielle (1988 -1991), Jacques Ch&#233;r&#232;que livre ici son t&#233;moignage sur le Chili. &lt;br class='autobr' /&gt; par Jacques Ch&#233;r&#232;que &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ann&#233;es 55, mon meilleur ami (parrain de mon fils a&#238;n&#233;) est all&#233; &#224; Santiago pour diriger une soci&#233;t&#233; d'autobus. Il s'est mari&#233; l&#224;-bas, a eu deux enfants. Il est d&#233;c&#233;d&#233; en 1967. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;Mon Chili &#224; moi...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sid&#233;rurgiste, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la F&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale de la M&#233;tallurgie (FGM-CFDT), secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint de la CFDT puis ministre d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; l'am&#233;nagement du territoire et &#224; la reconversion industrielle (1988 -1991), Jacques Ch&#233;r&#232;que livre ici son t&#233;moignage sur le Chili.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Ch%C3%A9r%C3%A8que&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par Jacques Ch&#233;r&#232;que&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 55, mon meilleur ami (parrain de mon fils a&#238;n&#233;) est all&#233; &#224; Santiago pour diriger une soci&#233;t&#233; d'autobus. Il s'est mari&#233; l&#224;-bas, a eu deux enfants. Il est d&#233;c&#233;d&#233; en 1967. Cela a &#233;t&#233; mon premier lien avec le Chili, lien qui dure toujours avec sa veuve que j'ai rencontr&#233;e en 1973 &#224; Santiago et ensuite en France, pendant la p&#233;riode Pinochet, pendant laquelle elle s'est exil&#233;e. (Coup de chance, mon fils est all&#233; les voir cette ann&#233;e au printemps).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, j'ai d'autant plus appr&#233;ci&#233;, en avril 1973, lorsque la &lt;strong&gt;F&#233;d&#233;ration Internationale des Ouvriers de la M&#233;tallurgie&lt;/strong&gt; , branche Europe, m'a d&#233;sign&#233; pour la repr&#233;senter au Forum international organis&#233; par la &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_unitaire_des_travailleurs_du_Chili&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CUT&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; sur le r&#244;le des multinationales. J'y repr&#233;sentais aussi la conf&#233;d&#233;ration &lt;strong&gt;CFDT&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; la d&#233;couverte de la p&#233;riode Allende avec d&#233;j&#224; toutes ses difficult&#233;s, quelques mois avant le coup de force de Pinochet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en ai surtout profit&#233; pour nouer des relations avec les syndicalistes du &lt;strong&gt;Syndicat du Cuivre&lt;/strong&gt;, dont la FGM a accueilli certains ensuite lors de leur exil. Ainsi, avant d'essayer de se r&#233;fugier dans l'ambassade de France &#224; Santiago, deux syndicalistes menac&#233;s avaient pris la pr&#233;caution de demander &#224; un Fran&#231;ais de m'en informer, d&#232;s son retour en France pr&#233;vu le lendemain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, personnelles et syndicales, le Chili est rest&#233; tr&#232;s pr&#233;sent dans mon c&#339;ur. Le Chili, ce sont des moments lointains et chers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je souhaite donc soutenir toutes les initiatives prises pour ne pas oublier particuli&#232;rement cette quaranti&#232;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Philippe Foulqui&#233; : le Chili et son peuple sont un membre de ma famille</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fondateur et Directeur de la Friche la Belle de Mai &#224; Marseille entre 1987 et 2011, Philippe Foulqui&#233; - homme de culture &#224; l'engagement g&#233;n&#233;reux&#167; &#233;tait directeur du Centre Culturel Municipal d'Argenteuil au moment du coup d'&#233;tat. Il t&#233;moigne. &lt;br class='autobr' /&gt; Par Philippe Foulqui&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1973, j'&#233;tais membre du Parti Communiste Fran&#231;ais et je travaillais au Centre Culturel Municipal d'Argenteuil (95) comme directeur adjoint. J'avais deux jours avant le putsch particip&#233; &#224; la F&#234;te de l'Humanit&#233; et en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;Mon Chili &#224; moi...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot179" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fondateur et Directeur de la Friche la Belle de Mai &#224; Marseille entre 1987 et 2011, Philippe Foulqui&#233; - homme de culture &#224; l'engagement g&#233;n&#233;reux&#167; &#233;tait directeur du Centre Culturel Municipal d'Argenteuil au moment du coup d'&#233;tat. Il t&#233;moigne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.mativi-marseille.fr/les-films/philippe-foulquie-ancien-directeur-de-la-friche-de.html,9,19,0,0,18&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Par Philippe Foulqui&#233;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1973, j'&#233;tais membre du Parti Communiste Fran&#231;ais et je travaillais au Centre Culturel Municipal d'Argenteuil (95) comme directeur adjoint. J'avais deux jours avant le putsch particip&#233; &#224; la F&#234;te de l'Humanit&#233; et en particulier aux activit&#233;s concerts et d&#233;bats li&#233;s au Chili face &#224; l'inqui&#233;tude que les nouvelles re&#231;ues alors portaient tr&#232;s haut, m&#234;me si nous n'avions pas pr&#233;vu ce qui allait se passer deux jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;s le premier jour, nous nous rendions quotidiennement devant l'Ambassade du Chili, partageant les chansons et les slogan avec le personnel de l'Ambassade, salu&#233; par l'Ambassadeur de l'Unit&#233; Populaire. Professionnellement, nous avons pu rencontrer et accueillir les groupes chiliens, pr&#233;sents en France pour participer &#224; la F&#234;te de l'Huma 1973, et ainsi sauv&#233;s de la r&#233;pression fasciste atroce et inattendue (Quilapayun, Inti Illimani).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre pr&#233;sident Pompidou avait eu une expression tr&#232;s ambigu&#235; pour qualifier le Putsch, ce qui nous avait r&#233;volt&#233;s. Par la suite nous avons souvent particip&#233; &#224; des soir&#233;es de solidarit&#233;, d&#233;sesp&#233;rant de la long&#233;vit&#233; de cette dictature qui devait tout cela aux Etats-Unis, pouvoirs r&#233;publicains et d&#233;mocrates confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons sympathis&#233; avec des amis chiliens, notamment Oswaldo, l'ancien doyen de l'Universit&#233; de Valparaiso, membre du Comit&#233; Central du Parti Communiste Chilien, exfiltr&#233; vers l'URSS d&#233;s le mois de septembre, o&#249; il devait r&#233;sider plusieurs mois avant de rejoindre la France et d'enseigner &#224; l'Universit&#233; de Nanterre. Nous l'avons connu par son &#233;pouse Sara qui travaillait &#224; la Biblioth&#232;que de Montreuil. Nous sommes partis en vacances ensemble et avons eu de nombreux &#233;changes, r&#233;guli&#232;rement ramen&#233;s au sens des r&#233;alit&#233;s par la lucidit&#233; politique d'Oswaldo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant Paris pour rejoindre mon Midi, j'ai perdu de vue ces amis dont j'ai m&#234;me oubli&#233; le nom propre. J'aimerais bien que l'on m'aide &#224; les retrouver, eux-m&#234;mes et leurs enfants dont les ain&#233;s ont pr&#233;s de cinquante ans maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mes fr&#232;res chiliens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sinon mon soutien n'a pas eu de dimensions spectaculaires : je l'ai partag&#233; dans de nombreuses r&#233;unions, manifs et meetings, dans quelques rencontres plus priv&#233;s avec des gens qui vivaient au Chili avant et apr&#232;s le putsch. Mais la modestie apais&#233;e de ce soutien m'a, &#224; jamais, amen&#233; &#224; consid&#233;rer le Chili et son peuple comme une sorte de membre de ma famille, avec, pour d'autres raisons, des pays comme leurs peuples, telles l'Italie ou l'Alg&#233;rie. On dit volontiers nos cousins italiens. J'aime parler de mes fr&#234;res chiliens ou alg&#233;riens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas encore compris comment les Chiliens avaient pu ramener au pouvoir un homme comme leur Pr&#233;sident actuel, cousin latino-am&#233;ricain de nos Berlusconi, Sarkozy ou Tapie europ&#233;ens, et proche des milieux ex-putchistes. Ceci en tout cas peut nous rappeler ces exemples trop nombreux o&#249; la trahison de son propre &#233;lectorat a amen&#233; au pouvoir la pire alternative, celle-la m&#234;me que nous craignons aujourd'hui dans ce climat d&#233;l&#233;t&#232;re g&#233;n&#233;r&#233; par les &#034;renoncements&#034; de notre pouvoir &#034;socialiste&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Philippe Foulqui&#233;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Conseiller culturel Ind&#233;pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
Directeur Fondateur de la Friche la Belle de Mai &#224; Marseille&lt;br class='autobr' /&gt;
(1987-2011).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean Mendelson : &#171; le Chili ne m'a jamais quitt&#233; &#187;</title>
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		<dc:date>2013-08-04T17:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;moire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je crois sinc&#232;rement que la vraie motivation de mon entr&#233;e au minist&#232;re des Relations ext&#233;rieures, en mai 1981, &#233;tait guid&#233;e surtout par ma volont&#233; de partir au Chili &#187;, &#233;crit Jean Mendelson, actuel ambassadeur de France &#224; Cuba. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il inaugure ainsi, de la plus belle mani&#232;re, la s&#233;rie de r&#233;cits et de t&#233;moignages que nous publions &#224; partir de ce jour. &lt;br class='autobr' /&gt; par Jean Mendelson &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis un citoyen fran&#231;ais mari&#233; avec une Chilienne ; ce simple fait n'aurait pas exist&#233;, sans ma rencontre avec le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?rubrique70" rel="directory"&gt;Mon Chili &#224; moi...&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Chili&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot159" rel="tag"&gt;Solidarit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.lafrancolatina.com/spip.php?mot179" rel="tag"&gt;M&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je crois sinc&#232;rement que la vraie motivation de mon entr&#233;e au minist&#232;re des Relations ext&#233;rieures, en mai 1981, &#233;tait guid&#233;e surtout par ma volont&#233; de partir au Chili&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Jean Mendelson, actuel ambassadeur de France &#224; Cuba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il inaugure ainsi, de la plus belle mani&#232;re, la &lt;a href=&#034;http://www.lafrancolatina.com/spip.php?rubrique70&#034;&gt;s&#233;rie de r&#233;cits et de t&#233;moignages&lt;/a&gt; que nous publions &#224; partir de ce jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ambafrance-cu.org/Biographie-de-M-Jean-Mendelson&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par Jean Mendelson&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis un citoyen fran&#231;ais mari&#233; avec une Chilienne ; ce simple fait n'aurait pas exist&#233;, sans ma rencontre avec le moment le plus dramatique de l'histoire du Chili et de l'Unit&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun d'entre nous peut conter l'irruption du Chili dans son existence. Pour moi, le Chili est entr&#233; dans ma vie au congr&#232;s du PSU de 1971, lorsque j'ai re&#231;u &#224; Lille deux jeunes Chiliennes, les s&#339;urs Paula et Margarita Serrano, venues en France pour un voyage d'&#233;tude comme la bourgeoisie chilienne cultiv&#233;e en offrait alors souvent &#224; ses enfants, et qui devaient peu apr&#232;s &#234;tre rejointes par leurs deux cadettes, Marcela (la romanci&#232;re) et Sol (l'historienne). J'avais &#233;t&#233; charg&#233; de l'accueil des d&#233;l&#233;gations &#233;trang&#232;res, qui comptaient des personnalit&#233;s prestigieuses envoy&#233;es par les mouvements de gauche des cinq continents aupr&#232;s de ce petit parti qui &#233;tait per&#231;u comme &#034;le parti de Mai 68&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque l&#224;, j'avais suivi avec un int&#233;r&#234;t distant la politique chilienne - un peu plus d'int&#233;r&#234;t, certes, que celle d'autres pays, parce qu'elle nous paraissait plus lisible &#224; nos yeux d'&#233;tudiants fran&#231;ais : &#171; comme chez nous &#187;, il y avait une extr&#234;me-gauche, un PC, un PS, un parti radical, ainsi qu'une esp&#232;ce de MRP ou de Centre d&#233;mocrate (la D&#233;mocratie chr&#233;tienne) et une droite qui ne nous int&#233;ressaient gu&#232;re, dans notre volont&#233; d'assimiler l'&#233;chiquier politique chilien au n&#244;tre. Je n'ai pas le souvenir d'avoir lu une analyse fine de cet &#233;chiquier, qui nous aurait permis, par exemple, de distinguer la sp&#233;cificit&#233; du PS du Chili, un parti se r&#233;clamant du marxisme-l&#233;ninisme et qui n'avait jamais alors envisag&#233; d'adh&#233;rer &#224; l'Internationale socialiste ; tout au plus savions-nous que Salvador Allende &#233;tait proche de la R&#233;volution cubaine et qu'il avait aid&#233; la gu&#233;rilla du Che en Bolivie, ce qui ne d&#233;plaisait pas &#224; ce PSU qui tenait alors son congr&#232;s &#224; peine quelques jours apr&#232;s celui que le PS avait v&#233;cu &#224; Epinay, lorsque Fran&#231;ois Mitterrand - que nous d&#233;testions alors - avait pris la direction de ce parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas pour des motifs politiques, mais pour des raisons tr&#232;s personnelles, que le Chili est entr&#233; dans ma vie pour n'en plus jamais sortir : la source de cette histoire se trouve dans ce lien d'amiti&#233; avec les s&#339;urs Serrano, n&#233; &#224; Lille en juin 1971 et qui demeure vivace quarante deux ans plus tard. Paula et Margarita, qui ne connaissaient personne &#224; Paris, avaient trouv&#233; refuge au si&#232;ge de la Jeunesse &#233;tudiante chr&#233;tienne, rue Linn&#233; ; si nombreux &#233;taient les membres de la JEC militant au PSU qu'elles s'&#233;taient trouv&#233;es embarqu&#233;es vers Lille en &#233;tant pr&#233;sent&#233;es tr&#232;s abusivement comme &#171; repr&#233;sentantes du MAPU &#187;, un petit mouvement issu de la D&#233;mocratie chr&#233;tienne qui participait au gouvernement de l'Unit&#233; populaire, et dont elles &#233;taient des adh&#233;rentes de base. Ce n'est que beaucoup plus tard que j'ai appris qu'elles avaient &#233;t&#233; tanc&#233;es pour cette manifestation publique effectu&#233;e sans l'ombre d'un mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;++++&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux ann&#233;es qui ont suivi ont &#233;t&#233; celles d'un militantisme actif au rythme des nouvelles de Santiago, des reportages de Pierre Kalfon et des analyses de Marcel Niedergang que Le Monde publiait &#224; rythme soutenu ; je suis certain d'avoir v&#233;cu l'Unit&#233; populaire avec une passion autrement plus intense que celle avec laquelle je suivais la vie politique de la France pompidolienne. Le 11 septembre 1973, je rentrais d'Alger, o&#249; le PSU m'avait envoy&#233; avec C&#233;cilia et Alain Joxe comme observateurs au Sommet des Non-Align&#233;s (nous &#233;tions dot&#233;s d'une improbable carte de presse pour le compte de l'hebdomadaire Tribune Socialiste). C'&#233;tait le surlendemain de la cl&#244;ture de cette conf&#233;rence inoubliable, o&#249; s'&#233;tait trouv&#233;e r&#233;unie une &#233;trange assembl&#233;e dans laquelle on c&#244;toyait Houari Boumediene, Yasser Arafat, Fidel Castro, Moammar Kadhafi, Indira Gandhi, Habib Bourguiba, Norodom Sihanouk accompagn&#233; des dirigeants Khmers rouges, Idi Amin Dada, Anouar El Sadate, Josip Tito... j'en oublie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1944 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://www.lafrancolatina.com/local/cache-vignettes/L224xH270/cloromiro_almeyda-8dd6c.jpg?1752443428' width='224' height='270' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Clodomiro Almeyda
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais celui que je n'oublie pas, c'est le ministre des Relations ext&#233;rieures du Chili, Clodomiro Almeyda, avec qui nous e&#251;mes des discussions passionnantes, notamment le 8 septembre, quand il dut quitter Alger avant la cl&#244;ture de la conf&#233;rence ; j'ai dans la m&#233;moire ses explications, les r&#232;gles parlementaires chiliennes qui l'emp&#234;chaient de rester plus longtemps absent du pays, sous peine de devoir affronter une accusation constitutionnelle au Congr&#232;s. Cet attachement au formalisme des r&#232;gles d&#233;mocratiques, de la part d'un r&#233;volutionnaire se r&#233;clamant alors du l&#233;ninisme, a pris peu apr&#232;s un sens particulier, en constatant la conception que la droite chilienne, civile et militaire, se faisait du respect de ces r&#232;gles... Faut-il rappeler qu'Almeyda fut arr&#234;t&#233; peu apr&#232;s son retour &#224; Santiago, d&#233;port&#233; dans l'&#238;le Dawson, puis expuls&#233; de son pays avant de reprendre un r&#244;le de premier plan &#224; la t&#234;te du Parti socialiste en exil, puis lors du retour &#224; la d&#233;mocratie ? Clodomiro Almeyda est d'ailleurs revenu dans mon existence une nuit de mars 1987 : alors premier secr&#233;taire de l'Ambassade de France au Chili, je re&#231;us un appel angoiss&#233; de mon amie Moy de Toha (veuve du ministre socialiste de la D&#233;fense, Jos&#233; Toha, assassin&#233; en 1974), qui me demandait l'intervention de notre ambassade pour &#171; Don Cloro &#187; rentr&#233; clandestinement au Chili, et arr&#234;t&#233; apr&#232;s s'&#234;tre pr&#233;sent&#233; aux autorit&#233;s de facto pour faire reconna&#238;tre l'ill&#233;galit&#233; de son exil (il fut finalement d&#233;port&#233; &#224; Chile Chico pendant trois mois, puis traduit en justice pour un proc&#232;s auquel il m'avait demand&#233; d'assister et o&#249; il assuma sa propre d&#233;fense, avant d'&#234;tre condamn&#233; pour &#171; marxisme &#187; par des juges laquais qui, pas plus que leur ma&#238;tres en uniforme, n'avaient &#224; l'&#233;vidence jamais lu une ligne de Karl Marx ; je ne compte pas les visites que je lui fis &#224; Capuchinos, o&#249; il &#233;tait d&#233;tenu avec tant d'autres militants, ni les messages transmis alors que socialistes et d&#233;mocrates-chr&#233;tiens se pr&#233;paraient &#224; la fin de la dictature, et je me souviens m&#234;me d'un gardien qui lui donnait du &#034;Se&#241;or Ministro&#034; ; mais cela est une autre histoire, une autre &#233;poque).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un nouvel axe de vie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce 11 septembre 1973 d'&#233;pouvante, le Chili est devenu une sorte de th&#232;me central, d'axe de vie, de pr&#233;occupation de chaque instant. Cette p&#233;riode est pleine d'images ambigu&#235;s, o&#249; l'angoisse et l'indignation se m&#234;lent &#224; la joie des rencontres, au bonheur des actions de solidarit&#233; r&#233;ussies. Je revois la table de notre appartement couverte des billets de banque collect&#233;s en octobre 1973 lors des &#034;Deux jours pour le Chili&#034; &#224; la Cartoucherie de Vincennes ; je revois aussi ces militants du MAPU (toujours ce lien avec les cinq s&#339;urs Serrano), Jaime Gazmuri, Enrique Correa et d'autres &#224; qui j'abandonnais mon appartement lors de leurs s&#233;jours parisiens plein de myst&#232;res - Jaime Gazmuri raconte cela dans son livre de souvenirs, El sol y la bruma - ; j'entends encore la voix et les mots d'Isabel Allende sur la Place de la R&#233;publique, o&#249; les partis de gauche et les syndicats avaient organis&#233; un rassemblement auquel les dirigeants de la gauche fran&#231;aise &#233;taient venus unis, pour la premi&#232;re fois depuis des ann&#233;es (car le Chili aura aid&#233; &#224; l'union de la gauche en France, cela a &#233;t&#233; trop oubli&#233; depuis). Je crois sinc&#232;rement que la vraie motivation de mon entr&#233;e au minist&#232;re des Relations ext&#233;rieures, en mai 1981, &#233;tait guid&#233;e surtout par ma volont&#233; de partir au Chili, comme si j'avais &#224; r&#233;gler une sorte de compte personnel avec les Caligulas galonn&#233;s qui y r&#233;gnaient alors. De fait, d&#232;s que je pus &#234;tre nomm&#233; en poste, j'ai demand&#233; &#224; partir au Chili, et je conserve encore ma reconnaissance pour le directeur du personnel d'alors, Lo&#239;c Hennekinne (il avait occup&#233; lui-m&#234;me ce poste sous l'Unit&#233; populaire et pendant le coup d'Etat), qui a accept&#233; alors de me nommer &#224; Santiago.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, &#224; l'entr&#233;e de la R&#233;sidence de France &#224; La Havane, &#224; c&#244;t&#233; du clich&#233; officiel du Pr&#233;sident de la R&#233;publique, j'ai dispos&#233; deux photographies personnelles : sur l'une, aux c&#244;t&#233;s d'Isabel Allende, je suis avec Lo&#239;c Hennekinne et Pierre Mauroy qui, au nom de la R&#233;publique fran&#231;aise, d&#233;pose une gerbe sur la tombe de de Salvador Allende - tous trois constituions la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise aux c&#233;r&#233;monies d'intronisation du pr&#233;sident Lagos - et sur l'autre, je re&#231;ois avec effusion notre ch&#232;re &#034;Do&#241;a Tencha&#034;, Hortensia Bussi de Allende, &#224; l'Ambassade de France &#224; Santiago. Mon &#233;pouse est chilienne, mes enfants sont franco-chiliens. Le Chili ne m'a jamais quitt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Mendelson&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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